Delirium T.3

81u7XV-swOLTitre : Delirium T.3

Auteur : Lauren Oliver

Edition : Hachette Roman

Collection : Black Moon

Parution : 13 mars 2013

Pages : 416

3-notation

« Nous voulions la liberté d’aimer et nous avons été transformés en guerriers, en sauvages. »

C’est ainsi que la résistance voit son combat pour la liberté qui dans le monde fictionel de Lauren Oliver se trouve dans l’Amour, la possibilité d’aimer, le choix d’aimer qui l’on veut. Le tome trois de Delirium nous emmène aux cotés de Lena et Hana dans la bataille finale de la résistance.

J’ai eu très peur pour ce troisième tome, très peur qu’il parte sur un triangle amoureux alors que c’est pour moi le moment de rentrer un peu plus dans la politique du monde inventé par Lauren Oliver. Au final, l’histoire reste entre les deux. Le triangle amoureux est présent sans prendre trop de place mais la politique est beaucoup trop absente pour moi. On comprend à la fin du tome qu’ils finissent par détruire le régime mais ils le font un peu par accident. Du moins ce n’est absolument pas une des priorités de Lena. Et ça m’a beaucoup gêné. A aucun moment Lena ne prend conscience des enjeux immenses de la résistance, à aucun moment elle ne décide d’y prendre part pour sauver les autres, pour rendre le droit d’aimer à la population. Non, elle n’y prend part que parce que ses amis y prennent part. J’ai trouvé cela un peu égoiste, mais ça correspond parfaitement à son côté gamine.

Dans ce tome, Lauren Oliver nous fait vivre les aventures de Lena, mais également celles de Hana. Si au début ce choix m’a un peu déçue parce que je voulais vraiment voir Lena avancer, au final Hana est parfois bien plus intéressante. Elle se bat contrairement à Lena, elle se bat contre elle même, entre ce qu’elle croit et ce qu’elle devrait croire. Elle se bat à l’intérieur du système et j’ai bien aimé ça. Ce choix de narration permet surtout de voir les deux cotés de la société : la résistance et l’intérieur. Alors que je n’avais pas du tout aimé Hana dans le premier tome, elle se dévoile dans ce dernier tome.

En définitive, cette trilogie avait un fort potentiel grâce à un sujet innovant et bien trouvé, mais elle n’a pas répondu à mes attentes. Même si certaines images sont magnifiques comme celle de l’enfant et Samson ou l’image finale de la destruction du mur, la trilogie manque de profondeur alors que son sujet en appelait.

Makina

Je peux très bien me passer de toi

téléchargementTitre : Je peux très bien me passer de toi

Auteur : Marie Vareille

Edition : Charleston Editions

Parution : 8 juin 2015

Pages : 320

4-notation

« C’est la beauté intérieure qui compte, mais un peu de rouge à lèvres n’a jamais tué personne et une paire de chaussures bien choisie peut changer une vie (cf, cas Cendrillon). »

C’est sur ce ton, léger et humourisitique que Marie Vareille nous entraîne dans son histoire. Je peux très bien me passer de toi, nous propose de suivre deux jeunes filles proches de la trentaine. Très différentes, Constance et Chloé se sont rencontrées lors d’une dispute à un club de lecture, depuis elles sont devenues amies. Alors que Chloé passe son temps à coucher avec le premier homme qui passe pour oublier son ex, Constance, elle, est dans ce qu’elle appelle le « No Sex Land » depuis plus de vingt sept mois. Chacune fatiguée de leur mode de vie qui ne les fait pas avancer, elles décident de se mettre au défi : s’abstenir pendant six mois pour l’une et coucher avec un inconnu pour l’autre.

J’ai adoré ce livre et particulièrement l’écriture, le ton léger, sans prise de tête, l’humour. Grâce à son style, l’auteur nous plonge pleinement dans l’univers des personnages, dans leurs histoires. Marie Vareille nous fait passer du point de vue d’une des jeunes filles à l’autre. Ainsi, alors que Chloé parle au style direct, nous suivons Constance à travers les pages de son journal intime. Cette différence entre les types de récit des deux personnages m’a paru tellement intelligente ! Elle colle parfaitement aux deux personnages et nous permet encore plus de faire la différence entre elles et d’entrer dans leurs univers.

J’ai d’ailleurs beaucoup aimé les deux filles que l’on découvre. Sans m’identifier à l’une d’elles, j’ai pu comprendre leur situation et pourquoi chacune avait opté pour ce mode de vie. J’ai aimé leurs différences, aimé appréhender deux types de filles que l’on retrouve dans notre société : la « fille facile » face à la « vieille fille ». Mais plus que ça, j’ai adoré les voir se rejoindre, être amies, partager leurs univers à l’opposé l’un de l’autre. Ce rapprochement casse justement le cliché de leur situation. Il casse l’image de la vieille fille autant que celle de la fille facile pour les faire devenir, deux jeunes filles normales, chacune avec ses problèmes et sa façon de les gérer.

Les personnages secondaires sont également très intéressants. Je suis rapidement tombée sous le charme de Vincent, le bon campagnard, et même Guillaume qui me hérissait les poils au début a réussi à gagner mon affection à la fin du roman. Mais le personnage secondaire le plus touchant est pour moi la grand-mère de Chloé. J’ai aimé sa philosophie de vie, son attention pour sa petite fille et c’est elle qui m’a ému et a fait couler mes larmes après m’avoir fait rire.

Quand à l’histoire, l’idée du défi entre les deux jeunes filles m’a complètement séduite. Je me suis prise au jeu de savoir si elles allaient le réussir ou non. Je suis rentrée à fond dans les histoires de cœurs qui parcourent le roman. Et même si quelques passages sont un peu trop évident, Marie Vareille a quand même réussi à me surprendre (une fois au moins).

En définitive, Je peux très bien me passer de toi est un moment très agréable. Le livre m’a emporté, tout en douceur et a réussi l’exploit de me faire rire et pleurer. Il est donc pour moi un livre à lire, déguster, apprécier, sans se poser de questions et ça fait du bien.

Makina

Delirium T.2

Titre : Delirium T.2logo_11949

Auteur : Lauren Oliver

Edition : Hachette Roman

Collection : Black Moon

Parution : 29 février 2012

Pages : 456

3-notation

« Une fois qu’on permet à l’amour de pénétrer dans son cœur, de s’enraciner, il s’étend, comme une moisissure, et gagne le moindre recoin sombre. Avec lui viennent les questions, les frissons, les peurs qui terrassent. De quoi ne plus jamais trouver le sommeil. »

Dans ce deuxième tome de la série Délirium de Lauren Oliver, nous retrouvons Lena en proie à sa douleur qui tente tant bien que mal d’avancer dans ce qui est désormais son monde : la Nature.

Ayant beaucoup aimé la fin du premier tome, j’avais hâte d’enfin découvrir la Nature et ce que Lena pourrait y faire. Et j’ai malheureusement été déçue. Je n’imaginais pas la vie dans la Nature de cette façon. Je pensais qu’ils auraient des petits villages ou au moins qu’ils cultiveraient quelque chose. Je pensais qu’ils avaient former une nouvelle société, une alternative à la ville. Alors que là, ils n’ont absolument rien et sont dépendants des Sympathisants dans les villes pour se nourrir, vivre, ou plutôt survivre.

Malgré cette première déception, la suite du livre m’a plus plu que le premier. Lena devient plus intéressante. Tout en gardant sa faiblesse et sa gaminerie, elle devient plus adulte, maitresse d’elle même et ça m’a plu. Elle se découvre dans la Nature, en devant survivre et s’habituer à cette nouvelle vie tout en portant au fond d’elle un chagrin immense. Les nouveaux personnages m’ont également convaincus, notamment Raven qui représente la fille  »badass » que l’on s’attend à voir dans les dystopie. J’ai aimé qu’elle ne soit pas le personnage principal mais j’avais quand même besoin de quelqu’un comme elle. Le nouveau personnage masculin m’a également beaucoup plu. J’ai aimé le fait qu’il soit l’héritier de l’autre camp, des défenseurs de la lutte contre le Déliria. Son apprentissage de l’Amour et du désir avec Lena m’a captivé. J’ai adoré les voir évoluer tous les deux, apprendre à aimer pour l’un et à aimer à nouveau pour l’autre.

Le déroulement de l’histoire en elle même est plus prenante que dans le premier tome. Le récit de la mission de Lena dans la résistance est parcouru de récits de sa vie dans la Nature. J’ai bien aimé avoir les deux, car ça permet de découvrir la vie dans la Nature tout en faisant avancer l’histoire. Je suis rentrée beaucoup plus facilement dans l’hisoire et j’ai beaucoup plus accroché que dans le premier tome.

Ce deuxième tome est donc une bonne suite. L’action est présente dans tout le tome, or c’était ce qui me manquait dans le premier. On découvre tous les cotés de la société inventée par Lauren Oliver ce que j’ai beaucoup apprécié. Mais la fin de ce tome me fait très peur pour la suite de la série, d’autant qu’elle ne m’a pas vraiment surprise.

Makina

Eleanor & Park

téléchargement (3)Titre : Eleanor & Park

Auteur : Rainbow Rowell

Edition : Pocket Jeunesse

Parution : 5 juin 2014

Pages : 384

aude-blog

« La première fois qu’il lui avait pris la main, ça avait été si bon que tout le reste avait disparu. Ça avait été meilleur que la somme de toutes les fois où elle avait eu mal. »

C’est ainsi qu’Eleanor décrit son premier contact avec Park, ce jeune garçon qui après lui avoir crier dessus pour qu’elle prenne une place dans le bus scolaire, en vient finalement à aider la jeune fille. Commence alors une amitié entre les deux jeunes gens grâce aux comics que Park prête à la jeune fille. Eleanor & Park de Rainbow Rowell nous raconte l’histoire de ces deux adolescents qui feront de leur amitié un amour exceptionnel, leur permettant de résister à leur problèmes et de se découvrir, de grandir.

J’ai adoré ce roman. Il m’a complètement transporté. Je ne pouvais plus m’arrêter de lire, de découvrir leur histoire, de la vivre avec eux. Rainbow Rowell rend cela possible grâce au système de narration qu’elle utilise. Ainsi, on passe du point de vue de Eleanor à celui de Park. On connait donc la vie de chacun mais également leurs pensées. L’auteur choisit de passer rapidement de l’un à l’autre pour décricre les moments où ils sont ensembles. Ainsi, elle réussit à nous faire comprendre comment chacun vit le moment sans faire de répétition. L’histoire avance tout en nous donnant les pensées de chacun. J’ai adoré comparer ce qu’il se passait dans la tête de chacun. Ça donne une profondeur à l’histoire et m’a permis de m’enticher des deux personnages, de les connaître vraiment tous les deux.

Le point fort de ce livre est pour moi ses personnages. Park tout d’abord est un lycéen assez banal, du moins au premier abord. Née d’une mère coréenne et d’un père américain, il a donc un physique asiatique qui le rend différent de ses camarades. Plus l’histoire avance et plus j’ai adoré découvrir la relation de Park avec ses parents. Son problème de reconnaissance avec son père, sa mère hyper protectrice, tout ça m’a parut tellement proche de moi, de ce que l’on vit quand on est adolescent. Contrairement à ce que je pensais au début, Park est un personnage profond, que l’auteur a beaucoup travaillé et j’ai adoré ça. J’ai encore plus aimé le fait que l’on pense tout d’abord qu’il est banal pour ensuite découvrir sa profondeur. J’ai trouvé ça très caractéristique de ce que l’on vit en tant qu’adolescent, l’impression d’être comme tout le monde tout en sachant que l’on a notre particularité, nos problèmes, nos blessures.

Eleanor reste malgré tout le personnage le plus touchant. Elle est formidable. Contrairement à Park, on comprend rapidement qu’elle est loin d’être banale. Eleanor vit avec sa mère, son beau-père et ses cinq frères et sœurs dans une toute petite maison, où elle partage sa chambre avec ses frères et sœurs qui dorment à même le sol. La jeune fille déteste son beau-père, c’est d’ailleurs à cause de cela qu’elle est nouvelle dans le lycée ; son beau-père l’ayant obligée à quitter la maison après une dispute. Elle emmenage à peine avec sa famille quand l’histoire commence. Toute son histoire est compliquée et tellement triste. J’ai adoré la découvrir, voir comment cette famille pouvait vivre, comprendre les réactions de sa mère et sa relation avec son beau-père. Tout est magnifiquement bien ficelé pour en devenir frappant, troublant voir même dérangeant. Ça rend l’histoire incroyable, magnifique, profonde. C’est ce qui fait la différence entre ce livre et une romance basique.

En définitive, ce livre est un coup de cœur. Il m’a fait voyager. J’étais complètement prise dans cette histoire. Eleanor & Park nous emmène dans une aventure, sans nous laisser une seconde pour tergiverser. Rainbow Rowell déroule son histoire, nous frappant à chaque fois, elle nous émeut, nous bouleverse, tout en nous donnant de l’espoir, l’espoir de trouver les bonnes personnes, l’espoir d’aimer et ainsi de sortir la tête de l’eau.

Makina

Versailles

 

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Titre: Versailles

Développement: Simon Mirren, David Wolstencroft

Diffusion: CANAL+

Parution: 16 novembre 2015

Nombre de saisons: 2

Durée de l’épisode: 52 minutes environ

Acteurs: George Blagden Alexander Vlahos Tygh Runyan Evan Williams Anna Brewster Elisa Lasowski Maddison Jaizani Amira Casar Noémie Schmidt Pip Torrens

 

« La beauté peut vous faire monter bien haut.  Mais la beauté sans intelligence n’est que vanité ».

 

Versailles est une série franco-canadienne, premièrement diffusée en 2015 sur CANAL+. Cette série, je pourrais la qualifier d’évasion. D’évasion à la Cour de Louis XIV, d’évasion vers l’Ancien Régime, d’évasion vers la société d’autrefois. On se sent au cœur du pouvoir politique de la monarchie absolue. Certes les faits sont romanisés, il n’en reste pas moins une part historique, notamment avec ses personnages, le noyaux de l’histoire de la série, mais aussi le paysage de la série, à la découverte d’un magnifique Versailles.

 

« Un roi sans château n’a rien d’un vrai roi »

 

En effet, c’est en partie sur cette réplique que la série se base. Sur la construction de Versailles, pourquoi Versailles ? Mais aussi sur la construction d’un jeune roi, qui va tout faire pour gouverner d’une main forte son pays, la construction d’un roi absolutiste. Comment va-t-il répondre aux complotistes ?

 

« Demain j’aurai bien plus de choses en commun avec mon ennemi qu’avec mon propre frère » 

 

Versailles c’est aussi l’histoire de deux frères, l’un roi, l’autre prince. Tout les oppose, et pourtant ils devront coopérer. Se sont deux esprits torturés, et c’est la complexité de leur personnage qui m’intéresse dans la série, on ne sait jamais trop comment les deux vont réagir face à l’autre : de l’amour à la haine il n’y a qu’un pas, c’est ce qu’on dit !

 

J’ai pris ces deux exemples car c’est à mes yeux ce qui représente le mieux cette série : deux frères dont les caractères sont antagonistes, le pouvoir tombe sur l’un, l’autre fait tout pour avoir sa Cour, se faire remarquer. Mais il y a aussi des complots, des ennemis extérieurs. Que ce soit la première ou la deuxième saison, les intrigues sont très intéressantes à suivre, pleines de suspens.

Au niveau du casting, on ne peut qu’adorer retrouver George Blagden en Louis XIV, déjà dans Vikings il m’épatait, mais là j’adore. De toute manière qu’on se le dise : tous jouent très bien. Tout ça est sublimé par les costumes, l’ambiance, le décor…

En somme, vous êtes fan de séries historiques ? Cette série est à ne pas rater. Pour ma part, je n’ai pas vraiment à en redire. Sauf peut-être un manque de réalisme par rapport aux us et coutumes et de l’histoire d’il y a jadis. Mais soyons francs, c’est une série : ça doit nous en mettre pleins les yeux comme l’aurait voulu notre bon Louis XIV !

 

 

Ozou

Delirium T.1

Titre : Delirium T.1Delirium

Auteur : Lauren Oliver

Edition : Hachette Roman

Collection : Black Moon

Parution : 29 février 2012

Pages : 456

3-notation

« Je t’aime. Souviens-toi. Ils ne peuvent pas nous enlever ça. »

Ce sont les dernières paroles que la mère de Lena adressera à sa fille, avant que celle-ci ne décide de se suicider. Lauren Olivier nous emporte avec sa trilogie Delirium dans un monde où l’Amour est interdit. Pour tous les habitants des Etats-Unis, l’amour est une maladie mortelle appelée le deliria. Ainsi, à dix-huit ans chaque citoyen doit passer par le Protocole, opération qui les guérit entièrement de la maladie. Mais pour certaines personnes, le Protocole ne fonctionne pas. C’est ce qui est arrivé à la mère de Lena qui a finalement décidé de se suicider de façon à éviter de subir l’opération une nouvelle fois.

J’ai commencé cette trilogie à cause de son thème. Je trouvais l’idée d’une société sans amour très intéressante et j’avais hâte de voir comment l’auteur allait nous présenter cette société, quels seraient les changements. Et je n’ai pas été déçue. J’ai beaucoup aimé la vision de l’auteur sur cette société, j’ai aimé les différences dans le comportement des gens. Mais j’aurais aimé qu’elle aille encore plus loin.

Ma grande attente pour ce premier tome était l’apprentissage de l’amour que va faire Lena. Si les descriptions de ses sentiments m’ont plu, notamment la toute dernière, j’ai trouvé cela un peu trop évident. Le déroulement de l’histoire qui amène Lena à aimer est trop prévisible (sauf la fin). Mais on se laisse quand même haper assez facilement.

Quant aux personnages, j’ai été un peu déçue. Une nouvelle fois, j’ai eu l’impression de les avoir tous déjà vu. La seule différence que porte Lena par rapport aux héroines classiques de dystopie est sa faiblesse. Elle paraît vraiment très faible, voir niaise. Certes les héroines de dystopies ne sont jamais très sures d’elles au début mais chez Lena c’est encore plus poussé. L’autre différence est son coté gamine, mais pour le coup ça m’a plus ennuyé qu’autre chose. Son répondant chez les garçons est assez sympathique sans être très original. On sait pertinemment dès sa première apparition qu’il est dans la résistance et ses mensonges, pour le cacher, ne m’ont même pas fait douter. De même pour sa meilleure amie Hana qui entraîne Lena du mauvais coté dans un premier temps sans être assez forte pour la suivre ensuite.

Ce premier tome est donc sympathique, mais il ne réserve pas de surprise. Il est un peu plat, l’action a du mal à prendre. J’ai attendu pendant tout le tome que les choses s’accélèrent, que l’on entre dans le vif du sujet. On voit où l’auteur veut en venir dès le début mais il faut attendre la toute fin du tome pour y arriver et avoir enfin une surprise, ce qui est vraiment dommage.

Makina

3%

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Titre : 3%

Développement : Pedro Aguilera et Cesar Charlone

Diffusion : Netflix

Parution : 25 novembre 2016

Nombre de saisons : 1

Durée de l’épisode : 45 minutes

ActeursBianca Comparato ; Joao Miguel ; Michel Gomez…

aude-blog« You create your own merit »

Telle est la phrase phare du discours d’Ezekiel lorsqu’il accueille chaque année les candidats du Processus. Ce processus permet de sélectionner les 3% d’une génération qui pourront aller vivre dans l’Offshore, monde de paix rêvé, où la criminalité a disparu. Ainsi à leurs 20 ans, chaque enfant de l’Inland, monde pauvre, sans loi, dans lequel il faut se battre chaque jour pour survivre, rejoint la plateforme de sélection pour participer au Processus, il quitte ainsi tout ce qu’il a toujours connu dans l’espoir de faire parti des 3% et ainsi de ne jamais revenir dans l’Inland.

On suit donc quatre adolescents, ayant chacun leur propre motivation pour accéder à l’Offshore, ainsi que Ezekiel, le responsable du Processus. Ces cinq personnages sont tous attachants. Ils nous apportent tous une vision différente du système. Chacun d’eux se bat pour ce qu’il croit être juste, être le mieux pour lui et les autres. J’ai particulièrement aimé le fait qu’ils aient tous leurs faiblesses, leurs doutes et qu’on le voit. On connait leurs forces et comment ils peuvent les utiliser. Mais ce qui m’a touché c’est la profondeur de chacun, qui va avec leur histoire que l’on découvre petit à petit.

La série ne se focalise pas entièrement sur eux. On apprend à connaître d’autres personnages. Des personnages qui disparaissent assez rapidement alors que l’on pensait que l’histoire tournerait autour d’eux. On ne s’attend ainsi pas du tout à leur disparition. Mais ce n’est pas le but de la série. La série ne les utilise pas simplement pour mettre du suspens. Elle les utilise pour montrer une autre vision de la société fictive de 3%. Leur disparation rapide permet également de comprendre la société et son fonctionnement.

Sur le plan des idées, la série m’a d’abord beaucoup fait penser à Hunger Games, à cause du principe des épreuves que les jeunes doivent passer pour obtenir une vie meilleure, cette absence de choix dans les épreuves, le fait qu’ils ne puissent pas échouer. Certes ici l’objectif n’est pas simplement de survivre mais plus de faire ses preuves, de montrer ses qualités, son intelligence. Mais la plus grosse différence avec Hunger Games c’est que le Processus n’est pas diffusé, ce n’est donc pas une critique de la télé-réalité mais bien une critique du système mis en place. 3% va donc pour moi beaucoup plus loin que Hunger Games.

3% est une critique de la méritocratie dans son principe même. L’idée du Processus semble bonne à première vue. Sélectionner les meilleurs d’entre nous, seulement sur la base de leur mérite, pour leur permettre de fonder une société supérieure ne semble pas tellement choquant. Et pourtant dès le début de la série, on sent une grande injustice là dedans. Pourquoi seulement 3% ? Pourquoi laisser les autres derrière nous ? La série nous montre toutes les possibilités, ceux qui croient foncièrement dans le Processus, ceux qui en doutent et ceux qui le combattent. C’est ainsi à nous de nous faire notre propre idée, de choisir notre camp. Petit à petit, on découvre de nouvelles informations qui nous permettent de raffermir notre idée ou au contraire d’en changer. Mais surtout on aperçoit la morale de la série, sa position à elle, ce qu’elle veut nous montrer. Elle se finit d’ailleurs sur une question très intéressante que l’on ne peut s’empêcher de se poser à notre tour.

En définitive, cette série est une révélation pour moi. Tout est très bien organisé, l’histoire avance sans problème en laissant des questions en suspens pour nous tenir en haleine. J’attends avec impatience la deuxième saison.

Makina