Les Contes des Royaumes : Charme

Titre : Contes des Royaumes : Charme contes-des-royaumes,-tome-2---charme-416781-264-432

Auteur : Sarah Pinborough

Edition : Milady

Parution : 18 avril 2014

Pages : 240

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« La vie n’est pas un conte de fées, Cendrillon. »

Deuxième tome de la série Les contes des Royaumes, Charme s’attaque cette fois-ci à l’histoire de Cendrillon. Sarah Pinborough nous emmène donc à la suite de la jeune fille, folle amoureuse du prince et qui va tout faire pour le rencontrer et le faire tomber amoureux d’elle. Mais elle apprendra que l’amour et la vie ne sont pas aussi faciles que ce que nous en disent les contes de fées.

C’est le tome que j’ai le moins aimé de la série et cela est certainement du à son personnage principal. J’ai eu beaucoup de mal à accrocher avec Cendrillon. Elle est complètement différente du personnage du conte. Fini la jeune fille parfaite victime de sa belle famille. Ici, Cendrillon est une fille narcissique qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, incapable de réfléchir aux sentiments des autres. Ainsi, seule compte sa vision des choses. Folle amoureuse du Prince, elle m’a fait pensé à une groupie, incapable de différencier ses rêves de la réalité. Même si elle fini par évoluer de façon positive et se rendre compte de son égoïsme, je n’ai pas réussi à croire en cette transformation. Ça m’a semblé bizarre, surfait.

Sa belle sœur est peut être le seul personnage qui a réussi à me toucher dans ce tome. C’est la fille parfaite, toujours là pour sa famille, ne cherchant qu’à protéger et rendre heureux les siens, quitte à se sacrifier pour y arriver, l’inverse de Cendrillon en quelque sorte. Intelligente mais pas particulièrement belle, elle n’a besoin d’aucun sortilège pour obtenir l’attention et les faveurs du Prince, son esprit y suffit.

J’ai également bien aimé retrouver les personnages des autres tomes, notamment Lilith, mais surtout le chasseur qui prend toute sa dimension dans ce livre. J’ai enfin compris où voulait nous emmener l’auteur avec ce personnage, son rôle dans l’histoire. J’ai adoré découvrir enfin le dénouement des trois tomes qui se conjuguent dans ce livre et montrent le lien entre les histoires, tels les nœuds d’une vie.

En définitive, Charme m’a un peu déçu à cause de son personnage principal mais c’est une bonne conclusion d’une série qui m’a permis de retourner dans le monde des contes, de revivre les histoires de chaque princesse avec cette touche de modernité qui permet de les rendre un peu plus réels et moins niais.

Makina

Phobos T.1

téléchargement (1)Titre : Phobos T.1

Auteur : Victor Dixen

Edition : R-jeunes adultes

Parution : 11 juin 2015

Pages : 448

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« Il n’y a que la mort qui soit simple, et éternelle. Parce que tu vois, la vie, c’est compliqué, et c’est terriblement court. On a l’impression qu’on a tout le temps devant soi, mais en réalité c’est comme une séance de speed-dating : à peine entré dans la bulle, c’est déjà le moment de dégager. »

Le speed-dating, c’est ce à quoi vont s’adonner les 12 prétendants de la mission Genesis, envoyés coloniser Mars par le groupe Atlas, racheteur de la NASA. Victor Dixen nous emmène avec sa trilogie Phobos dans une expédition scientifique aliée à une émission de téléréalité. En effet, 12 prétendants, 6 filles et 6 garçons du monde entier ont été choisis et formés pour aller habiter sur Mars. Mais chacun de leur geste, que ce soit dans le vaisseau qui les amène sur leur nouvelle planète ou à New Eden : la base habitable de Mars, sont filmés et diffusés dans le monde entier.

J’ai beaucoup aimé l’idée du livre et l’ambiance. J’adore tout ce qui est science-fiction où l’on découvre notre monde un peu plus tard avec ses évolutions. Or ici, nous ne sommes pas très loin de ce qui se fait actuellement, notamment depuis l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, et c’est ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant. La situation politique décrite dans le livre pourrait très bien arriver dans cinq ou dix ans. Assez rapidement, les États pourraient décider de vendre leurs propriétés comme la Nasa ou leurs musées afin de ramener leurs comptes à l’équilibre. De même, un programme de téléréalité pourrait rassembler tous les pays du monde et devenir un phénomène planétaire immense. Heureusement nous n’en sommes pas encore là ! Mais toutes ces idées politiques m’ont donné à réfléchir et j’ai adoré ça.

L’histoire en elle même est un peu longue à démarrer. J’ai eu du mal à vraiment me plonger dans le livre et c’est certainement du aux personnages. J’ai moins accroché avec eux qu’avec le contexte de l’histoire. Pas que je ne les ai pas aimé. Au contraire même, j’aime chacun d’eux. Mais je n’ai pas eu de coup de cœur. Ils sont pourtant tous bien faits, tous différents, avec leurs propres défauts. Mais aucun d’eux n’a réussi à vraiment me toucher, à sortir du lot. C’est ce qu’il m’a manqué dans ce premier tome. Et même si j’aime beaucoup Léonor et particulièrement sa blessure, il y a quelque chose chez elle qui me dérange, qui fait que je n’y crois pas totalement. Comme si elle était un peu trop parfaite, un peu trop caractéristique des personnages de dystopies.

Les séances de speed dating ont mis un peu de piquant dans l’histoire. C’est ce qui m’a vraiment fait rentrer dans le livre et l’apprécier. J’ai beaucoup aimé le suspens autour du choix des appelés dans la bulle du speed-dating et découvrir les personnages sous un autre jour. Et même si la découverte des garçons m’a beaucoup plu, ils n’ont pas fait mieux que les filles, aucun d’eux ne m’a réellement transporté.

En définitive, Phobos est une lecture très agréable et intéressante. L’histoire est bien menée, palpitante, mais j’aurais aimé un personnage auquel me raccorcher un peu plus. J’aurais aimé avoir un favori dans cette histoire. J’espère que le deuxième tome me donnera l’occasion d’en avoir un.

Makina

Arte

 

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Série: Arte

Auteur: Kei Ohkubo (son premier manga)

Parution française: Komikku Editions

Date parution française: 2015

 

 

 

 

 

 

 

Envie d’évasion vers l’Italie de la renaissance ? C’est donc Arte que je vous recommande.

Arte est un manga plein de fraîcheur. Il est édité chez Komikku Editions. On a l’occasion de suivre la vie d’Arte, jeune fille issue d’une noblesse désargentée. Elle est artiste dans l’âme, elle a un don : le dessin. Sa mère, conservatrice sur les bords lui interdit cette passion jusqu’à en lui brûler ses dessins. Mais malgré une société extrêmement misogyne, notre héroïne est dotée d’un caractère bien trempé, une spontanéité qui dépasse l’entendement, et surtout d’un courage hors-normes.

C’est bien grâce à ces traits de caractère qui la forge qu’Arte après avoir essuyé plusieurs refus va se voir acceptée comme apprenti dans un atelier de peintre qui ne paie pas de mine. Elle va commencer à s’éprendre de son maître, évidemment, mais étant d’une nature tout de même naïve cette dernière ne va pas en avoir conscience. Arte va petit à petit découvrir ce qu’est l’amour, être belle, le paraître, le savoir-être, la culture ou encore le mécénat auprès de Veronica, une courtisane expérimentée qui n’hésite pas à jouer de ses charmes en sa faveur face aux hommes.

Arte, travaux après travaux va peu à peu impressionner les hommes qui l’entourent grâce à sa force colossale, et se forger une réputation. Le rêve d’Arte est de vivre par ses propres moyens, c’est ce qui lui donne sans doute son courage qui lui permettra de s’ouvrir des portes plus tard.

C’est donc un manga historique que je vous propose ici : la société italienne comme on aurait pu la vivre à cette époque, et c’est ça qui est prenant dans ce manga. Si vous aimez la série Médicis les maîtres de Florence, ce manga est dans la même veine bien que plus enfantin. L’histoire est dynamique, le dessin plaisant, et surtout la narration nous porte facilement dans cette Italie de la renaissance. Les planches sont superbement dessinées, tant bien les personnages, que l’architecture de la ville, les tableaux que les vêtements sont détaillés, ce qui maximise notre immersion dans l’ancien temps.

Une héroïne rebelle ne manquant pas de toupet, une touche d’histoire, des décors somptueux : foncez ! C’est un coup de cœur pour moins, un régal pour les yeux (niveau graphique ça me fait penser à Bride Stories, pour ceux qui connaissent).

 

 

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Ozou

Contes des Royaumes : Poison

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Titre : Contes des Royaumes : Poison

Auteur : Sarah Pinborough

Edition : Milady

Parution : 20 mars 2014

Pages : 240

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« L’air et la terre, la lumière et les ténèbres. »

La lumière et les ténèbres, c’est ce qui sépare Lilith et sa belle fille : Blanche-Neige.Tout les opppose, l’une est blonde et mature alors que l’autre, brune, sort à peine de l’enfance. Sarah Pinborough nous fait redécouvrir le conte Blanche-Neige et les sept nains dans ce premier tome de la série Contes des Royaume : Poison. Mais c’est du point de vue Lilith, la méchante reine du conte qu’elle aborde cette histoire. Elle nous dévoile ainsi les raisons de sa cruauté envers Blanche-Neige.

J’ai beaucoup aimé ce nouveau point de vue. Lilith est attachante, on la plaint du début à la fin, tout en espérant qu’elle sera plus forte que cela et finira par aimer Blanche-Neige. Sarah Pinborough nous montre une femme blessée, obligée de se marier jeune et qui utilise toutes les armes à sa disposition pour être maitre de son destin. Que ce soit ses charmes qu’elle use contre le roi, la crainte par laquelle elle contrôle son royaume ou la magie qui lui permettra d’éliminer Blanche-Neige, toutes ses capacités sont mises dans la bataille, afin d’obtenir sa liberté et le contrôle de sa vie. Mais au fond, c’est une femme malheureuse, déçue par la vie que nous découvrons.

Sa relation avec Blanche-Neige différe de celle du conte. Ainsi, dans le livre de Sarah Pinborough, Lilith fait d’abord des efforts, elle essaie de faire comprendre à Blanche-Neige ce qu’est qu’être une princesse. Mais Lilith ne se base que sur sa terrible expérience sans essayer d’adoucir les choses pour sa belle fille. Au final toutes ses tentatives se soldent par un échec l’amenant à souhaiter la disparition de la jeune fille.

Blanche-Neige est également intéressante. C’est une femme libre. Elle ne rentre dans aucun des carcans que l’on veut lui imposer. Elle mène sa vie comme elle l’entend. En cela, elle est pour moi une femme moderne, voir même l’égérie de la femme libre que cherche à dépeindre les féministes. Et même si l’on est pas toutes aussi aventurières qu’elle, on cherche également à vivre notre vie par nous même.

Ce que j’ai préféré dans ce livre, c’est la confrontation entre le Prince et cette femme libre qu’est Blanche-Neige. Ainsi, le Prince que l’on retrouve dans les trois romans de Sarah Pinborough est à la recherche de la princesse parfaite. Ce tome nous en donne la définition : une belle femme qui ne fait pas de bruit, qui le suit sans poser de questions, sans se rebeller, une femme qui doit rester dans son ombre à lui. J’ai adoré ce retournement de situation. Je ne m’y attendais pas du tout. Ainsi, si les petites filles sont ammenées à croire au prince charmant, le prince charmant lui même attend quelque chose de spécifique de sa princesse. Et ce qu’il attend est loin de correspondre à la liberté que revendique les femmes.

En définitive, ce livre m’a surpris. J’ai accroché très vite au personnage de Lilith avant de me délecter de la fin de l’histoire. Sarah Pinborough réussit ici à transformer le conte de fées en nous montrant les problèmes que celui-ci pose sur les attentes de chacun dans notre société actuelle.

Makina

 

 

 

 

 

La Passe-Miroir : Les Disparus du Clairedelune

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Titre : La Passe-Miroir : Les Disparus du Clairedelune

Auteur : Christelle Dabos

Edition :Galimard Jeunesse

Parution : 29 octobre 2015

Pages : 560

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« Si Ophélie avait retenu une chose dans la vie, c’était que les erreurs étaient indispensables pour se construire. »

Nous revoila avec Ophélie et ses aventures que nous propose Christelle Dabos dans ce deuxième tome de la série La Passe-Miroir : Les Disparus du Clairedelune. On retrouve Ophélie lors de ses premiers pas à la Cour. Elle s’apprête alors à rencontrer l’esprit de famille du Pôle : le redouté Farouk, afin de lui demander sa protection. Mais tout ne va pas se passer comme prévu et Ophélie va se retrouver embarquée dans une enquête sur les disparitions du Clairedelune.

J’ai adoré ce deuxième tome ! Plus encore que le premier. On y retrouve les points forts des Fiancés de l’hiver qui sont les personnages et les décors. On continue de découvrir le Pôle mais cette découverte prend moins de place et j’y ai vu moins d’intérêt car j’étais plus focalisée sur l’intrigue. J’ai été ravie de retrouver Thorn ! Il m’avait manqué.

Ce deuxième tome nous entraîne doucement dans une enquête policière. C’était sympathique mais ce n’est pas ce qui m’a le plus intéressée. L’évolution des deux personnages principaux, la rencontre avec Farouk et surtout la découverte des enjeux de ce monde, voilà ce qui fait que ce tome m’a prise aux tripes pour me laisser impatiente de lire la suite. Ophélie continue son apprentissage et sa découverte d’elle même. Sa relation avec Thorn avance de façon surprenante. On en apprend un peu plus sur ce dernier. Mais surtout on découvre Farouk. Ce personnage est assez déstabilisant. On le craint, le prend en pitié, l’aime et le déteste à la fois. C’est ce mélange que j’ai aimé ! Il est torturé, difficile à appréhender et en même temps tellement humain

Le point fort de ce tome reste pour moi les informations que l’on receuille sur les esprits de famille, la Déchirure et Dieu. Les origines du monde et de leur société deviennent une des intrigues de l’histoire et promettent de prendre toujours plus de place dans la série.

En définitive, le deuxième tome de La Passe-Miroir est encore meilleur que le premier. Il a réussi à m’emporter complètement, surtout sur la fin et m’a donné ce petit quelque chose qui me manquait dans le premier pour en faire un coup de cœur. Cette fois c’est fait !

Makina

La Passe-Miroir : Les fiancés de l’hiver

 

Titre : La Passe-Miroir : Les fiancés de l’hiverla-passe-miroir-livre-1-les-fiances-de-l-hiver-282811

Auteur : Christelle Dabos

Edition :Galimard Jeunesse

Parution : 6 juin 2013

Pages : 528

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« Passer les miroirs, ça demande de s’affronter soi-même. Il faut des tripes t’sais, pour se regarder droit dans les mirettes, se voir tel qu’on est, plonger dans son propre reflet. Ceux qui se voilent la face, ceux qui se mentent à eux mêmes, ceux qui se voient mieux qu’ils sont, ils pourront jamais. »

C’est ce qu’explique le grand oncle d’Ophélie à sa nièce avant de la laisser partir vers son destin : le Pôle où elle vivra dans la famille de son fiancé Thorn avant le mariage. Christelle Dabos nous fait alors entrer avec Le Passe-miroir : Les fiancés de l’hiver, dans un univers fantastique où chaque famille possède son arche, son monde, ses habitudes, ses pouvoirs. Dirigées par leurs esprits de famille, les arches ne semblent pas avoir de fréquent contact les unes entre les autres. Ainsi, lorsque Ophélie apprend qu’elle va devoir épouser un homme du Pôle, cela représente à la fois un honneur pour sa famille et une immense angoisse pour la jeune fille qui ne connait pas grand chose des mœurs de cette arche.

Le Passe-Miroir est une aventure. Une aventure dans un monde nouveau que j’ai pris énormement de plaisir à découvrir. Les décors sont magiques. Ils nous emportent et nous font toucher du doigt ce monde et les différences entre les arches. Chaque description de lieu est un émerveillement pour l’imagination. On passe ainsi de ruelles sombres et étroites à un labyrinthe de glaces, une salle de bal, une prairie. Tout est fait pour nous y emmener, nous faire vivre le lieu. L’univers est transportant. Du moins il m’a transporté. A chaque fois que je reprenais le livre, je voulais découvrir un nouvel endroit, voyager, partir à l’aventure de ce monde.

Ce que Christelle Dabos réussit à faire avec ses décors, elle le fait également avec ses personnages. Ainsi, si l’univers nous fait voyager, les personnages nous accompagnent dans ce voyage. Ophélie est notre guide, elle découvre avec nous le Pôle, nous livre ses pensées, ses réflexions et ce monde en devient encore plus réel. Elle est très attachante, forte et faible à la fois, mais consciente de ses possibilités. Elle apparaît assez facilement dans mon esprit, de même pour Thorn. C’est le personnage que j’ai préféré, à cause du mystère qui l’entoure. J’ai aimé le voir évoluer au fil du temps passé avec Ophélie et se dévoiler de plus en plus. Thorn me touche particulièrement dans ses faiblesses, et surtout dans sa maladresse. Pendant tout le livre, j’attendais avec impatience chaque passage où je pourrais le retrouver, j’ai cru et crois toujours en lui peu importe ce qu’il a pu faire.

Le Passe-Miroir n’est pas seulement un voyage dans un monde exceptionnel, c’est aussi le passage à l’âge adulte d’une jeune fille. Ophélie apprend petit à petit à vivre avec ceux qui l’entourent, à s’adapter, sans oublier qui elle est. Ou plutôt tout en découvrant qui elle est. Ophélie va toujours plus loin dans la connaissance de soi, de ce qu’elle est et surtout de ce qu’elle veut être. La conclusion de ce premier tome se fait sur ce registre, comme si Ophélie venait de franchir une étape, d’atteindre un nouveau palier.

En définitive, le Passe-Miroir est magique. De ses personnages, aux décors, en passant par la morale, il nous invite au voyage, nous laisse nous émerveiller pour nous emporter toujours plus loin dans l’histoire d’Ophélie et de son monde. Mais malgré tous ces points positifs, il m’a manqué quelque chose dans ce premier tome. Un tout petit quelque chose, qui fait que ce livre n’est pas un coup de cœur, seulement un moment intéressant et très agréable.

Makina