La Sélection

Titre : La Sélection 20150120_104946

Auteur : Kiera Cass

Edition: Robert Laffont

Parution : 12 avril 2012

Pages : 343

2-notation

« Il y a encore un mois, ma vie était toute tracée. Aujourd’hui, je n’ai plus aucun repère. Une nouvelle maison, une nouvelle caste, une nouvelle vie. À cause d’une simple lettre, et d’un portrait. »

C’est ainsi que America Singer se prépare à faire face à la Sélection, compétition entre 35 jeunes filles pour obtenir le cœur de Maxon, prince héritier d’Illéa. J’ai commencé ce livre à cause de la couverture, en bonne fille que je suis, la robe de princesse affichée en couverture m’a fait rêver, j’avais donc hâte de découvrir l’univers dans lequel elle existait. Mais j’ai été très déçue. Je voulais absolument une dystopie et le coté « Bachelor » version royale, me plaisait beaucoup. Cependant dès les premières pages j’ai bloqué. L’histoire est un peu longue à se mettre en place et coule d’eau de source. Il n’y a aucune surprise, on sait très bien ce qu’il va se passer avant même que ça ne se passe.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai quand même continué ma lecture. Et en avançant je me suis prise au jeu, je me suis attachée à America, à Maxon et mêmes à certaines candidates comme Céleste. Le livre est très facile à lire et il finit par être entrainant.

Même si l’on sait très bien comment va finir l’histoire entre Maxon et America et que l’on se doute des problèmes qu’ils vont rencontrer, le livre reste sympathique grâce au dilemme politique qui se joue à l’arrière plan. C’est ce qui m’a fait tenir, ce qui m’a le plus intéressé dans le bouquin. Sauf que ce n’est pas abouti… J’ai adoré l’idée des castes, la découverte du journal de Grégory Illéa et les critiques constantes du système en place jusqu’à sa destruction. Mais ça reste à l’arrière plan. L’auteur l’utilise intelligemment pour faire avancer la Sélection mais pas comme une intrigue en soi, ce n’est qu’un moyen, pas une finalité.

Vous pouvez donc imaginer ma déception lorsque l’on passe de l’histoire d’America à celle de sa fille. En faisant cela, l’auteur squeeze tout le règne de Maxon et America et donc toute la partie politique. J’ai été d’autant plus déçue par ce changement de perspective que Eadlyn, la fille de America, n’est pas aussi attachante que sa mère. C’est une gamine pourrie gâtée qui devient une adulte responsable grâce à la Sélection. Et même si l’idée d’une sélection avec des candidats garçons m’a attiré, ce n’est pas suffisant pour faire remonter le livre dans mon estime… Le problèmes des deux derniers tomes est à mon sens qu’ils sont trop centrés sur Eadlyn et sur son évolution et pas sur les personnes qui l’accomagnent. Ainsi, on ne découvre pas vraiment les candidats, on ne retrouve pas ses parents. De plus, il n’y a pas de différence entre les deux sélections, le fait que ce soit des garçons ne change rien au processus, ce qui me paraît irréel.

La Sélection est donc une série bien sympa, qui détend, fait passer le temps et rêver un peu si on accepte de poser notre cerveau à coté de nous en la lisant.

Makina

Au péril de te perdre

Titre : Au péril de te perdreau-peril-de-te-perdre-785310-264-432

Auteur : Angélique Daniel

Edition : Les nouveaux auteurs

Parution : 16 juin 2016

Pages : 693

3-notation

« Personne ne souhaite mourir en aimant l’autre, et ce, quel que soit son sexe. »

C’est ainsi que Jessy définit la maladie dont il est atteint : le sida, et c’est à cause d’elle et de la peur qu’il suscite chez les autres, qu’il déménage avec sa mère à Millisky, ville où habite Megan. Megan a tout pour elle, élève modèle, première de classe, sortant avec le garçon le plus populaire du lycée, et pourtant, l’arrivée de Jessy va boulverser sa vie et lui apporter ce dont elle manquait.

J’ai beaucoup aimé ce roman. Les deux personnages principaux sont géniaux, on s’y attache facilement. Jessy m’a particulièrement touché. J’ai aimé son évolution, sa détresse et son soucis constant de ne faire de mal à personne. Megan est elle aussi attachante et nous guide parfaitement dans l’histoire. Elle représente la fille modèle qui est prête à tout sacrifier par amour. Mais mon personnage préféré est sans aucun doute Nick, le frère de Megan. J’adore son coté protecteur. Il ne lâchera rien, sera toujours là pour sa famille. Il représente le grand frère que n’importe qui voudrait avoir, ou du moins que je voudrais avoir.

L’histoire est bien menée. Mais j’ai eu un peu de mal à y rentrer. Je trouvais le style un peu trop enfantin, un peu trop adolescent, ce qui correspondait à l’âge du personnage principal. Les élipses m’ont également un peu gênée au début. J’avais du mal à vraiment m’attacher à une situation parce que ça bougeait trop vite. Et j’ai rapidement trouvé dans quel sens tout cela allait ce qui m’a beaucoup déçue. J’aime avoir la surprise et ne pas anticiper. Or dans ce roman, certains passages sont cousus de fil blanc. Mais cela permet néanmoins à l’histoire d’avancer. Les évènements s’enchainent sans vraiment de répis.

Au contraire, la suite du livre est beaucoup plus intéressante. Il faut juste réussir à entrer dedans et à s’habituer au style de l’auteur, mais les 700 pages laissent largement le temps pour cela. Au bout d’un moment, j’avais l’impression d’être dans l’histoire, certains des personnages sont devenus parfaitement clairs, je les voyais réellement alors que d’habitude je ne prends pas la peine de vraiment les imaginer et ils restent un peu flous dans mon esprit. Par exemple, Nick a rapidement emprunté les traits de Bellamy de The 100. Je regardais ainsi les personnages se mouvoir et prendre des décisions comme si j’étais juste à côté d’eux. Je me suis même mise à intégrer l’évidence de la mort de Jessy et puis à espérer et désespérer comme eux. C’est pour moi la très grande force de l’auteur, réussir à nous faire espérer, et faire varier tout cela.

En définitive, Au péril de te perdre est un voyage, un voyage aux côtés de Megan et de Jessy qui nous emporte totalement. L’amour qui les uni est magnifique et donne envie. Et même si la fin m’a légèrement énervée, j’ai eu les explications de l’auteur sur ses choix ce qui m’a permis de l’appréhender d’une autre façon. Je ne vous donnerai pas ici ces explications de façon à ne rien spoiler, mais si vous avez des questions je répondrais en commentaire. Je remercie d’ailleurs l’auteur d’avoir répondu à mes interrogations. C’est tellement agréable d’avoir des réponses et de pouvoir échanger avec un auteur, donc merci !

Makina

Shadowhunter

SHADOWHUNTER

 

 

 

Titre: Shadowhuntershadowhunter-post

Développement: Ed Lecter

Diffusion: Netflix / Freeform

Parution: 13 janvier 216

Nombre de saisons: 2 en cours de diffusion

Durée de l’épisode: 42 minutes environ

Acteurs: Katherine McNamara ; Dominic Sherwood ; Alberto Rosende ; Matthew Daddario ; Emeraude Toubia ; Harry Shum Jr. ;

 

4-notation

    La saison 2 venant tout juste de reprendre, je me dois de vous parler de cette série que je suis depuis sa première diffusion. Vampires, Loups-garous, humains, chasseurs. Et bien non, je ne vous parle ni de Twilight ni de The Vampire Diaries, mais bien de Shadowhunter, une série basée sur la saga The Mortal instruments écrite par Cassandra Clare.

 

Shadowhunter est l’histoire d’une jeune fille rousse (un peu trop), Clarissa, qui étudie les arts et en est passionnée. Elle mène une vie on ne peut plus lambda, est bien intégrée socialement et vit avec sa mère. Le jour de son anniversaire, Clarissa décide de sortir faire la fête avec son groupe d’ami dont fait partie son meilleur ami Simon, et c’est à partir de là que tout s’enchaîne: une nouvelle vie s’impose à elle. De nouvelles rencontres, des informations sur son passé, sur ce qu’elle est: une shadowhunter.

 

Les shadowhunters sont des êtres mi ange mi humain qui se battent contre les démons qui en raison de leurs vices, peuvent parfois troubler l’ordre public… si vous voyez ce que je veux dire. Ces protecteurs de la race humaine sont entrainés dès leur plus tendre enfance et possèdent des « stèles » qui leur serviront à se « graver » (ou plutôt tatouer) des runes qui leurs donneront force et pouvoirs spécifiques, il est donc tout autant nécessaire pour eux de connaître cet alphabet de runes (dans l’un des épisodes on voit un minimoys de shadowhunter l’apprendre) que de savoir manier l’art du combat.

 

C’est donc à partir de cette fête d’anniversaire plutôt mal partie que tout s’enchaîne pour Clary: à son retour à son appartement New-Yorkais et voulant en apprendre plus sur ses origines en questionnant sa mère, elles se font attaquer, et résultat des courses: la mère de Clary est séquestrée par un détraqué mental, Valentin (je vous en dit pas plus, regardez la série pour cela !), et Clary fait nouvelle demeure à l’Institut, le repère des shadowhunters.

Je ne vous en direz pas plus sur l’histoire, de peur de vous spoiler, mais ce que je peux vous dire c’est qu’en soi la trame est vachement prenante. Ce n’est pas une histoire bien compliquée, plutôt simpliste même, avec un méchant qui veut faire du mal et avoir le pouvoir, les gentils qui protègent les innocents, et l’héroïne toujours un peu pommée et naïve qui sait jamais trop quoi faire (mais bon si je vous dis ça ne vous donne pas trop envie non ? Oups).

Et oui, l’un des mauvais point de cette série est son héroïne principale, balot vous me direz, mais ça en vaut tout de même la peine. Clary a une personnalité des plus banales: amoureuse du premier beau gosse qu’elle croise, faisant preuve de bravoure à tout prix (sauf que comme elle ne sait pas se battre et que c’est une quiche, et que les shadowhunters, du moins ses amis, sont gentils avec elle, elle se sert un peu d’eux quand même quoi, voir beaucoup), qui ne connaît pas réellement d’où elle vient et qui veut en connaître plus.

Néanmoins, c’est une héroïne qui reste pour le moment supportable (car pour ma part, je ne sais pas vous, mais certains personnages principaux de séries m’insupportent et je suis beaucoup captivé et attaché aux personnages secondaires qui meurent deux épisodes plus tard ; Oui, j’ai la poisse) et que l’on a envie de savoir le sort qui lui est réservé. Si le personnage de Clary ne vous convainc pas, ne vous en faites pas ! Alec et Magnus sont là pour vous réchauffer.

Au niveau de l’acting, je dirais qu’il est… pas extraordinaire même si je peux observer une nette amélioration pour ce début de saison 2, avec quelques acteurs tout de même qui sauront vous régaler. J’ajoute que les effets spéciaux ne sont pas non plus estomaquant mais qui se laissent bien regarder.

En somme, je recommande cette série (ben oui quand même, si je continue de la regarder c’est pas pour rien) pour la personne qui est déjà à jour dans tous ses épisodes, et qui ne sait pas trop où tourner de la tête et quoi voir. On se laisse facilement naviguer dans ce monde d’anges et de démons, mais aussi de loups-garous et de vampires.

 

Ozou

Quand la nuit devient jour

 

Titre : Quand la nuit devient jour61lcdfrwnml

Auteur : Sophie Jomain

Edition: Pygmalion

Parution : 27 avril 2016

Pages : 238

4-notation

« Oui, j’ai obtenu et goûté à tout ce qu’une petite fille pouvait rêver d’avoir, mais je ne ressentais pas la moelle de la vie, je ne possédais pas l’essentiel : la raison d’être. »

C’est ainsi que Camille résume son enfance. Après une vie de douleurs psychologique qui se transforment en douleurs physiques insoutenables, Camille demande l’euthanasie en Belgique et l’obtient face à l’incurabilité de sa maladie. Il lui reste 3 mois à vivre.

Ce livre m’a percuté. Réellement, j’ai encore du mal à en sortir, à réfléchir, à me faire un avis. Sophie Jomain décide ici de nous parler de l’euthanasie, ou plutôt de la vie. Question compliquée. A quoi sert-elle ? Y a t’il toujours un espoir ? Ou est ce que la mort est la seule solution face à la douleur ? Quand je dis percuté c’est parce qu’au début le livre allait contre tout ce en quoi je crois. Il nous montre une fille ayant décidé de mourir, alors qu’elle est jeune et a une famille aimante autour d’elle. Et pourtant cette jeune fille a perdu tout espoir de guérir et d’aimer un jour la vie. C’était un choc pour moi. Comment peut-on perdre espoir de cette façon ? Comment peut-on arrêter d’essayer ? Quelle douleur faut-il ressentir pour en arriver là ? Difficile à dire.

Du début à la fin, Sophie Jomain nous montre une Camille déterminée. Elle va vers la mort avec relachement. Elle l’attend même comme on attendrait un ami. Et du début à la fin, rien ne peut nous dire qu’elle changera d’avis, tant sa détermination est forte. J’ai beaucoup aimé ce personnage. Camille est forte et à la fois tellement faible. Mais elle le sait et reste lucide sur ses capacités. Même si je ne peux être en accord avec ses choix, sa détermination m’empêche de la juger. Par contre, plus l’histoire avance et plus je la trouve égoiste, centrée sur elle même. Elle veut mourir pour elle sans prendre en compte ce qu’elle demande aux personnes autour d’elle et notamment à son médecin. Comment demander à quelqu’un qui t’aime de t’accompagner dans la mort ? Comment arrive t’elle à penser au soutien dont elle a besoin sans penser à ce qu’elle inflige à l’autre ? Parce qu’au final une fois qu’elle meurt, tout est fini pour elle, ce n’est pas elle qui reste avec des souvenirs et des regrets.

Ce combat de ceux qui restent, de comment vivre la mort, on le retrouve dans les trois personnages secondaires. Tout d’abord, les parents de Camille, ils réagissent tous les deux de manière totalement différentes. Chacun a son propre processus à suivre pour vivre. Mais ce qui m’a le plus touché chez eux, c’est leur culpabilité par rapport au choix de leur fille. Marc Peeters, le médecin de Camille est l’autre personnage qui nous confronte à ceux qui restent. Au contraire des parents de Camille, Marc tient à accompagner Camille, ne pas l’abandonner même face à la mort. Et c’est comme cela qu’il compte lui montrer son amour. En étant là, en la supportant et non pas en voulant la faire changer d’avis. Cette approche est belle et tellement difficile à exécuter. Mais pourtant elle me semble faible. Faible parce qu’il n’essaie pas de la retenir.

En définitive, ce livre est très intéressant et nous confronte à des problèmes de société dont les réponses sont loins d’être évidentes. Et même s’il va en choquer plus d’un, il vaut la peine d’être lu. La fin est un petit bijoux qui laisse le lecteur libre de faire son choix et montre l’intelligence de l’auteure qui ne nous impose pas son avis sur une question aussi compliquée.

Makina